GéNéRiQ jour 4 : Camille, Duchess Says, Is Tropical

Avant-dernier jour de festival hier, et on se dit déjà que cette édition casse la baraque. C’est quasi-blindé partout, les gens sont heureux et surtout, on s’amuse pas mal. On fait le point sur ce qu’on est allés voir hier, au Grand Théâtre avec Camille et au Consortium avec les kids. T’as bien compris : on a encore dû séparer notre dream team en deux pour pouvoir assister à tout. Travail de pro on vous dit.

L‘info est tombée hier aprem par la voix de la chargée de communication de la Vapeur : “Aucun appareil photo ne sera autorisé dans la salle ce soir et demain pour le concert de Camille”. Du coup, pour illustrer notre article on a choisi de mettre ce carré rose. Chouette.

21h, Grand Théâtre. On est à la bourre et on choppe la fin de la première partie du spectacle : Gribz. Il s’agit en fait du contrebassiste de Camille. La salle est bien remplie, reste quelques places mais ce sont sans doute les pires. Le public est hyper décontracté, ça balance des vannes avec l’artiste, ambiance potache.

Camille arrive enfin, look de paysanne. Bordel, maman, c’est la première fois que je vais à un concert de chanson française. Camille, c’est l’une des grosses têtes d’affiche de GéNéRiQ. C’est aussi le concert le plus cher (32 euros, tarif unique) du festival. 32 euros pour les gosses aussi ? Autant dire que le public du soir était un peu plus “âgé”, entre 30 et 50 ans en moyenne, allez. Camille, ça plaît à tout le monde cela dit, à ta grand-mère, ton daron ou ta petite cousine de 8 ans.

Pas de photo donc, nada. Restaient que les smartphones pour immortaliser la scène. Chanson française donc, mais sans le côté chiant des pélos classiques de la variet’, vous voyez de quoi on parle. Camille fera deux concerts en un, ça durera juste ce qu’il faut, alternant les rythmes. Elle fera se lever et s’assoir le public comme elle l’entend. Elle le fera taper dans les mains, chanter aussi, et paraître ridicule à pousser des cris de basse-cour. “Attend, elle se foutrait pas un peu de notre gueule, là ?”. Si si, mec.

Accompagnée de sa petite troupe (4 sur scène), Camille jouera son dernier album, Ilo Veyo, ainsi que quelques-uns de ses tubes. A noter également la scénographie, simple et intimiste, une lampe halogène suspendue à un fil en guise de copain. La sauce prend magistralement, la voix est parfaitement utilisée : souffle, respiration, articulation, on va pas se la jouer Armande Altaï mais faut reconnaître que le level est super haut là. Chair de poule, émotion, charisme, douceur. Maman, qu’est-ce qu’il m’arrive ?

“C’est quoi toi ton album de l’année ?” – les mecs d’Is Tropical sont des potes

Consortium. Soyons francs dès le départ : on n’a vu que la moitié des groupes là-bas. A 21h30, heure d’arrivée, on est obligés de filer directement en backstage pour caler l’interview du trio anglais Is Tropical. Trente minutes de questions approximatives (on avait oublié nos notes quelque part) et de réponses farfelues s’en suivent ; les mecs sont super drôles, on rigole, on commence à se vanner. On reste ensuite un peu avec eux, à papoter dans l’espèce de bout de pièce/escalier qui sert de coin fumeur aux artistes. Les rôles s’inversent et on se retrouve à notre tour harcelés de questions : “C’est quoi toi ton album de l’année ?”, “t’as kiffé le dernier M83?”.

A 22h15, retour en salle avec Dom, le seul membre du groupe qu’on a réussi à convaincre de venir jeter une oreille à la performance des The Men. Le premier truc qui surprend c’est le niveau de décibels ; ça joue fort ce soir au Consortium, bien plus que pour UR, 24h plus tôt. Et puisque c’est presque la fin de leur concert, les ricains envoient la sauce. A relire le programme, on commence à se dire que le sous-titre de “rock abrasif” leur sied à merveille. On s’enfuit au bar chercher des boule quies et une bière “normale” par la même occasion. On prend le temps de discuter avec le barman afin de lui soudoyer l’info essentielle de la soirée : “Vous arrêtez de servir à quelle heure cette fois ?” En effet, la piètre gestion du bar dans ce lieu flambant neuf pourrait faire l’objet d’un papier à part entière.

Le clavier de Duchess Says lâche sa première nappe de Moog et la chanteuse Anne Claude embraye aussi sec dans le micro avec son “Hey white boyyyyy” : on est dedans en moins de deux minutes. Le public s’agglutine vite contre la scène, ça danse au moins sur les cinq premiers rangs. C’est assez incroyable de voir cette fille sur scène, elle dégage une énergie folle. Elle fait la grimace, fixe les gens dans l’auditoire, pratique le “air-moog”, le tout rythmé par une danse déstructurée. Elle descend très vite au milieu des gens et commence à danser en fixant un jeune hipster dans le blanc des yeux. Incroyable.
En live c’est un savant mélange de rock/punk/no wave diabolique. Il y en a pour tous les goûts ; un synthé moog omniprésent qui ambiance avec ses nappes 80′s, des guitares aux thèmes simples mais accrocheurs et une batterie toujours percutante. Les mecs savent jouer et se connaissent bien, on sent qu’ils prennent leur pied, tout comme nous.

On va se ressourcer un moment dehors après cette heure de transe infernale. Bientôt l’heure des Anglais au sang chaud, on trépigne un peu.

Bizarrement quand on retourne en salle, ça s’est déjà vidé un peu. Mais bon y a quand même une petite fan base, des jeunes qui réclament “The Greeks” à la fin de chaque morceau. Sur album ça sonne déjà bien lo fi mais alors en live, c’est complètement crade. A l’image de Dom qui a scotché sur le manche du micro l’ordre des morceaux, griffonné sur une serviette en papier quelques heures auparavant… Les mecs débutent à peine leur carrière, tournent depuis seulement un an alors forcément c’est pas encore totalement au point sur scène. Les mecs gigotent tellement qu’ils en oublient parfois que le micro, lui, est immobile. Cela dit l’ambiance est bonne ; les morceaux s’écoutent bien, il s’en dégage un truc assez joyeux. On regrette par contre que leur chauffeur de van, lighteux et ami fidèle, ait oublié le matériel vidéo pour leur vjing dans leur appart’ londonien. Ils finissent par le hit, “The Greeks”, alors on les quitte avec le sourire, se rappelant du clip assez dingue des gosses en pleine guérilla urbaine avec des pistolets à eau.

On rentre, exténués mais satisfaits, avec deux interviews en poche. Prochainement en ligne ici.

POB et SB

3 Comments

  1. Le rabat-joie a dit...

    “Chair de poule” avec Camille ? Ah, ça c’est cocasse : on voit bien que c’est pas vous [= Môsieur Bobo] qui avez été plumé à l’entrée (de 32€) avant d’être obligé de glousser par cette diva (de variété) Je plaisante car je n’étais pas là-bas mais au Consortium, subissant de plein fouet l’attentat sonore de The Men, inhumain(s) ! Si j’ai “pris mon pied” comme SB et la Duchesse bien barrée ? Pas vraiment… j’ai préféré prendre mes jambes à mon cou :-( Oui, je sais : j’suis pas drôle (comme mon pseudo’) Bref, piètre journée de festival (à oublier celle-ci…)

  2. léon

    c’était pas des moog les claviers haha

  3. admin

    Au temps pour nous.

    -Sparse

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