GéNéRiQ 2011 : The End

Allez, c’est la fin, it’s over, adios. GéNéRiQ version dijonnaise s’achève pour nous dans un appartement classieux en compagnie d’Emel Mathlouthi, puis au Consortium et à la Péniche Cancale. Dernier compte-rendu de cette édition, où l’on évitera bien sûr de parler de l’after “100% débauche” officiel du festival. Quoique.

Le rencard est fixé à 17h ce samedi au bar “Les Aviateurs” place Emile Zola, entre un kir et deux cafés-crème. C’est notre dépucelage en matière de concert en appart’. Une petite dizaine de personnes patientent à l’intérieur du rade. Un membre de l’orga du festival viendra nous chercher pour nous amener au fameux appartement dans le haut de la rue Monge, place Bossuet. On connaissait pas l’adresse avant d’y arriver, mystère total. L’appart’ est cool, sans être impressionnant. Comme le groupe n’est pas encore prêt, on s’envoie quelques cacahuètes et un verre de pinard. Cinq minutes plus tard, on nous ouvre la pièce où se fera le mini-concert. On doit être une vingtaine de personnes, la salle est petite, des bouquins sont empilés partout sur les étagères. Les plus rapides d’entre nous (ou les moins enclins à s’asseoir par terre) se chopperont les canap’.

Emel Mathlouthi et son violoniste Zied Zouari sont dans la place. “Allez-y installez-vous, je ne sais pas trop comment ça se passe d’habitude, je vais vous faire des chansons de mon répertoire”, annonce la chanteuse tunisienne, un peu flippée. Tout va bien se passer. Le concert est acoustique, Emel à la gratte, Zied au violon, et nous déjà dans le bain. Emel Mathlouthi chantera pendant environ 45 minutes son attachement à la liberté d’expression, parfois en anglais, souvent en arabe. Elle détaillera au public chacun des morceaux, racontera son 14 juillet 2007 place de la Bastille lorsqu’elle avait interprété Kelmti Horra (Ma parole est libre). A l’époque, personne ne connait cette artiste en Tunisie. Ce n’est que lors de la Révolution de jasmin en décembre 2010 que le peuple la découvrira, grâce notamment aux vidéos circulant sur le net. Comme un symbole, elle chantera finalement cet hymne à la révolte rue Habib Bourguiba à Tunis en janvier dernier.

Dans notre appart’, le moment est simplement beau. Emel est rassurée, sa voix nous touche, elle fera même un titre en rabe, avant de conclure : “Mon album sort le 24 janvier”. Ok, elle l’a dit 4 fois pendant le concert, mais on lui pardonne tout.

“Mais c’est tout de même avec l’argent de mes impôts tout ceci” – un septuagénaire qui semble mécontent

La suite des événements se passe à l’hôtel de Vogüé, comme d’hab’. On arrive en avance, avec les potes de Radio Campus. On va parler de nos report géniaux en direct, peut-être même discuter un peu avec les artistes de ce début de soirée : Leif Wollebekk et Mr Heavenly. Et c’est vrai qu’à 18h y’a pas grand monde, à part quelques familles et couples de retraités assommés par une après-midi courses de Noël. Le régisseur de la Vap’ sur place est même obligé d’évacuer un papy de la salle des Gardes, encore fermée au public. Le ton monte entre les deux, le septuagénaire s’emporte : “Mais c’est tout de même avec l’argent de mes impôts tout ceci !”

Ça commence avec un poil de retard, la salle est presque pleine. Leif Vollebekk, c’est un peu (beaucoup) la voix et l’intonation de Patrick Watson, avec la même utilisation de la guitare acoustique, avec ses accords doucement égrainés. Le plus sur scène, c’est l’utilisation d’un violon avec ces superpositions de thèmes lancinants ; on pense tout de suite à SigurRos et on se laisse bercer. Parfait pour ce début de soirée. L’album Inland, sorti depuis 2009 et rejoué ce soir en live, avec quelques musiciens, gagne en profondeur. Cet endroit est vraiment le lieu adéquat pour ce genre d’ambiance folk.

On prend un petit peu plus de retard avec les mecs de Mr Heavenly qui sont tombés en panne en venant jusqu’ici. Le super-groupe nord américain qui réunit trois musiciens issus de différentes formations a fait parler de lui cette année avec un premier album Out Of love, sorte de revival doo wop rebaptisé pour le coup doom wop. Ils nous plongent dans une ambiance 60′s avec leurs morceaux rock parlant d’histoires d’amour vouées à l’échec. Mais ils ne se limitent pas à ça ; au moins trois des titres du live explorent d’autres styles comme “Reggae Pie” et son orgue si caractéristique du genre, ou encore “Hold my Hand”, sorte de ballade rock 50′s. Et puis mince, Michael Cera est le bassiste du groupe quoi ! Doublé gagnant encore une fois pour ce début de dernière soirée GéNéRiQ. On quitte les lieux en admirant une dernière fois les déco lumineuses du collectif TILT.

On vous cache pas qu’à ce stade peu avancé de la soirée, on peine déjà ; l’arrêt dîner à la Nef n’arrangera pas beaucoup notre cas. Fatigue et digestion s’avèrent être un véritable frein ce soir à notre motivation jusque là intacte.

Quand on arrive au Consortium c’est la pause quizz orchestrée par Maze Go Groove, qui va jusqu’à offrir un tiers de sa collection de disques à celui qui trouvera le nom d’un obscur artiste passé à GéNéRiQ l’an dernier. C’est le déluge de bonnets et écharpes, code couleur noir et jaune à l’effigie du festival. Ambiance bon enfant ; après quatre jours de festival, les gens se lâchent un peu. R.A.S. au bar, ça fait plaisir.

On a déjà loupé le premier groupe, ce sont donc les français de Rafale qui se présentent devant nous. C’est plutôt bien calé même si on remarque assez vite que le claviériste ne fait pas grand chose avec toute son installation. Il est ultra manichéen dans son utilisation des effets, donc c’est vite ennuyant. On salue tout de même la prestation du batteur qui contribue grandement à exacerber la dynamique des morceaux en live. On sort avant la fin du concert, Rafale ne nous a pas fait décoller.

Battant, world music et fin de la partie

Après un deuxième intermède quizz, place à Battant et sa charismatique chanteuse Chloé Raunet. Le deuxième album qu’elle présente ce soir, As I ride with no horse, prend une dimension toute particulière dans le contexte du décès de son partenaire quelques mois plus tôt. Tournée hommage donc, que la jeune femme semble bien assumer sur scène. Elle est précise dans ses textes, la voix parfaitement assurée avec une grande aisance dans des ports de voix à la Amanda Palmer. C’est de la new wave, clairement influencée par les sonorités électro actuelles mais malheureusement, on n’est pas non plus transcendés par la performance. Une demi-heure de concert plus tard, on se barre, un peu déçus. Avant de passer à autre chose et pendant qu’on y est, pensez à mater la session acoustique “Faits divers” de Battant réalisé pour l’occaz’ dans la salle d’exposition du Consortium.

Dernier arrêt (ou presque) à la Péniche Cancale qui accueillait la programmation world music du festival. Et alors forcément, en arrivant à 1h30, on a loupé l’essentiel de la soirée mais il reste le dj set de Moog-A-Discio. Avec lui, le mot d’ordre c’est éclectisme : on passe d’un morceau de forró à un extrait de la BO de Dirty Dancing, puis un vieux Lauryn Hill. La petite quinzaine de personnes qui se trémoussent encore sur la piste ont l’air de s’amuser ; les quelques danseurs mâles entament d’étranges chorégraphies/parades de séduction, sans succès. 2h30 du mat’, la soirée s’achève sur “Two Weeks” de Grizzly Bear et un dernier verre avec l’équipe de la péniche. Bon, bah voilà. Le festival est terminé, c’est ça ? Merde, ça fait bizarre là. Faut croire que non.

Bvrrrrr. Le Nokia 3310 de mon collègue vibre. Parait qu’un “after” officiel a lieu au Consortium. Ok, c’est pour nous. L’after du festival c’est quoi ? Des gars (Octarine et Sabotage en couple fatal) qui mixent du Etienne Daho et du Daft Punk, des filles qui dansent, des gars bourrés qui crachent de la bière sur le sol et la plupart des gens du staff en mode décompression. Ah, et y’a aussi un parfait inconnu qui s’était incrusté aux platines. “Je suis venu de Bretagne pour voir mon groupe préféré Rafale et je suis dj aussi, donc c’est l’éclate”.

Pas grand chose à dire de plus à part que la bière coule à flots. Les mecs aux bars sont arrachés, ça sent clairement la clôture de festival. Un type qui avait vraisemblablement oublié son cerveau chez lui profitera de l’absence d’un barman derrière la tireuse à bière pour se prendre une bonne rasade, bouche collée au robinet, avant de se faire traiter de “débile” par un gars du staff. Ambiance comme on aime. Fin de la partie vers 3h30 pour nous, sur les rotules.

Allez, cette fois c’est vraiment fini. Et vous savez quoi, on a fait les comptes. Cette édition aura valu des dizaines d’heures de sommeil en moins, de cachets d’Efferalgan en plus, 5 comptes-rendus pour 5 jours de festival, 40 000 signes de couverture, quelques tweets et un paquet de visites et lectures ici-même. Ça fait toujours plaisir. Big up GéNéRiQ. Pour l’an prochain on voudrait juste une rave dans un hangar quelque part à Dijon avec Richie Hawtin. Juste une envie, comme ça.

SB et POB

Photo : Emel Mathlouthi, concert en appartement.
Crédit : POB

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Retrouvez ici l’intégralité de nos articles/comptes-rendus sur le festival TGV GéNéRiQ 2011. Cliquez sur le jour qui vous intéresse. Autant dire tous.

Jour 1 : Fallin’ Ditch + Publicist
“Tu te lèves, t’as les yeux plein de crottes et l’esprit tourné vers une journée de boulot qui s’annonce plus qu’emmerdante. Le café est en train de couler et tu te rends compte que t’as loupé la première soirée du festival GéNéRiQ à Dijon, tout ça parce que ta meuf voulait absolument te présenter sa nouvelle collègue de travail que tu détestes déjà lors d’un “apéro-dinatoire” à base de concombres et Coca light. Pas de souci pour le récap’, on était à l’hôtel de Vogüé avec Fallin’ Ditch et Publicist. Ça donnait ça.”

Jour 2 : Connan Mockasin + Cascadeur
“De la flotte, du vent, des frites au fromage, des hippies au Grand Théâtre et un mec casqué sur un piano. C’est le festival GéNéRiQ, jour 2.”

Jour 3 : UR UR UR (mais aussi 1995, Orelsan, Murkage)
“GéNéRiQ jour 3. On va pas vous le cacher plus longtemps, on a eu l’immense chance de papoter pendant plus de 50 minutes avec l’un des mecs d’Underground Resistance, très tard dans la nuit, dans la réception de leur hôtel. C’est pas tout, car on était aussi à la Nef et à la Vapeur pour l’énorme soirée hip-hop. Retour sur cette folle journée.”

Jour 4 : Camille, Duchess Says, Is Tropical
“Avant-dernier jour de festival hier, et on se dit déjà que cette édition casse la baraque. C’est quasi-blindé partout, les gens sont heureux et surtout, on s’amuse pas mal. On fait le point sur ce qu’on est allés voir hier, au Grand Théâtre avec Camille et au Consortium avec les kids. T’as bien compris : on a encore dû séparer notre dream team en deux pour pouvoir assister à tout. Travail de pro on vous dit.”

3 Comments

  1. coucou

    ahah

  2. Elgar

    NB: Je n’ai pas oublié mon cerveau chez moi, je l’ai perdu sur place…

  3. tscher

    haha merde ça avait l’air bien.

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