Mauviette suprême
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Après le chapiteau des Trottola, le Théâtre Dijon Bourgogne rentre à la Maison Saint-Jean et reçoit sans respirer, L’Homme inutile ou la conspiration des sentiments. Texte russe inédit sur les scènes de France et de Nevers, pyjama party, bréviaire léniniste pour enfants, match de foot en coulisses : Bernard Sobel tente de nous faire le coup de Shakespeare chez les Soviets. Karamba, oднако пропущенный !
Boucle d’or et les trois URSS2h15 de spectacle et pas le temps de se refaire la cerise. Dans la pâte bien épaisse mise en place par Sobel, on a les deux genoux pris. Et ce dès l’entrée en salle, une blague au néon (contemporain oblige) nous cueille d’emblée affichant : Marx Donald. Hum. Soit c’est le meilleur du conte philosophique, le clown à rouflaquettes utilisant le même saucisson que les soviétiques dans ses burgers (et là, camarades, c’est un siècle de luttes pour rien qu’on vient de voir passer) soit c’est le pire du théâtre-à-thèse-éducative-à-effet-de-masse. Ah nan, c’est vraiment juste une blague nous rit au nez le comédien qui ouvre le spectacle un peu en force. Suit une première demi-heure où le jeu de ses collègues a oublié la convulsion révolutionnaire et s’empâte tragiquement dans les boudoirs de la vieille Europe. Blood’n'Guts, ça sent le goulag, ça ! La boursoufflure tire plus sur le blanc pâle que sur le rouge insurgé et la mise en scène se regarde au moins autant le nombril qu’un ventriloque nostalgique et aphone. Les recoins du poème d’Olecha sont éclairés au magnésium, perdant leur mystère, les silhouettes viennent des pires cases de la première époque d’Hergé, les tableaux se vautrent dans un didactisme quasi-colonial s’appuyant sur des fausses barbes mal peintes et des bottes trop grandes. Seul John Arnold, comédien récalcitrant, offre ici et là des accents élisabéthains salvateurs, se débattant avec un tempo de spectacle à côté de ses pompes, qui manque de nerf et finalement pousse à la consommation préalable de LSD. Sobel dit : « être poète, c’est une maladie. » Yep, mais de là à enfermer son spectacle dans un caisson stérile, de là à mettre ses comédiens sous clef, c’est excessivement soviétique, mon cher Joseph ! Badneighbour __ Autres représentations : Photos : (c) H. Bellamy |














bête d’article. Bravo!
c’est dans quel sens qu’il faut mettre les mots?