Cette semaine on vous arrose de best-of en tout genre. Les chroniqueurs de la maison ont écouté, lu et regardé quoi pendant ces 365 derniers jours ? Quelles sont les personnalités marquantes de 2011 à Dijon ou ailleurs ; qui a pesé dans le game, qui s’est ridiculisé ? La fin de l’année arrivant, c’est le moment ou jamais d’envoyer le bois. Avec en cadeau les commentaires qui-vont-bien. Aujourd’hui, nos 25 disques essentiels de l’année, sans ordre particulier.

 

 

Tim Hecker – Ravedeath 1972
(Kranky)
Tim Hecker est un compositeur de musique électronique montréalais et professeur de sound culture à la fac. Pour cet album il est allé enregistrer dans une vieille église de Reykjavik qui possède un orgue à tuyau (apparemment l’instrument le plus bruyant jamais inventé). Il fait dans le bruiteux, un style ambiant enveloppant, des sons blancs toujours omniprésents. On passe du ronronnement d’un moteur à la fragilité toujours embuée de l’orgue. Le voyage qu’il propose est sombre, pourtant terriblement enivrant. Magique !
(par Sophie) | écouter.

 

The Liberators – The Liberators
(Record Kicks)
Premier album de ce groupe afrobeat australien. Digne d’un bon Antibalas.
(par Chablis Winston) | écouter.

 

ASAP Rocky – LiveLoveASAP
(self-released, free mixtape)
Un truc qui pue le sud des Etats-Unis, la drogue et le swag enregistré par un type qui vient de Harlem et qui ressemble à Didier Drogba. Un gars qui, après avoir largué 2 mixtapes, a signé un contrat de 3 millions de dollars chez Sony/RCA. Plan de carrière.
(par POB) | écouter.

 

Wooden Shjips – West
(Thrill Jockey)
Un concept album pas chiant c’est possible : “The over riding theme for the album (as indicated by the title) is the American West, and all of the mythology, romanticism, and idealism that it embodies. The band members grew up on the East Coast, so for a long time the history and literature of the West was an abstraction and a fascination for them”. Rock psyché minimal, blues fatigué, stoner lent, rock fantomatique. C’est bien.
(par Martial) | écouter.

 

Metronomy – The English Riviera
(Because)
Petite collection de tubes entêtants qui a rythmé l’été et la rentrée, aussi.
(par Alice) | écouter.

 

The Dirtbombs – Party Store
(In The Red)
Deux concepts albums pas chiants la même année c’est possible ! Prenez des rockeurs de Détroit qu’ont toujours fait que du garage. Et ben au bout d’un moment les gars, comme ils ont grandi là depuis 20 piges, ils ont forcément bougé leurs fesses sur d’la bonne tech’ du patelin et puis ils ont des potes dans l’truc. Alors ils s’amusent à reprendre des standards comme le Jaguar de DJ Rolando, Bug in the Bassbin de Carl Craig ou Cosmic Cars de Cybotron. Ça groove, c’est psyché, c’est honnête et respectueux. C’est très bon.
(par Martial) | écouter.

 

Lucy – Wordplay For Working Bees
(Stroboscopic Artefacts)
Premier album du boss du label Stroboscopic Artefacts. Enfin. Wordplay for working bees est effroyablement efficace, très sombre aussi. D’une construction assez simple, Lucy s’affaire ici à travailler en détail les roulements, les nappes totalement organiques : aucun son n’est ici superflu. A l’image des noms des morceaux qui ne font jamais plus de trois lettres, Lucy a voulu se concentrer sur l’essentiel, pari réussi. De la raw techno made in Berlin.
(par Sophie) | écouter.

 

VA – Sofrito: Tropical Discotheque
(Strut)
Une bombe de groove tropical 70’s. Des Anglais qui font de leurs compiles un label maintenant. Potes de Quantic et de Gilles Peterson.
(par Chablis Winston) | écouter.

 

Connan Mockasin – Forever Dolphin Love
(Because / Phantasy)
La coupe de cheveux de Harry Dunne dans Dumb & Dumber a sorti le disque le plus étrange de 2011. Mais aussi la meilleure chanson des dix prochaines années.
(par POB) | écouter.

 

Dixon – Live at Robert Johnson volume 8
(Live at Robert Johnson)
Après 50 écoutes, on ne sait toujours pas comment Steffen Berkhahn alias Dixon arrive à faire pour passer de la folk de Dominique à la house baléarique de Todd Terje. Grandiose.
(par POB) | écouter.

 

Best Coast – Crazy For You
(Wichita)
Ces filles sont trop cools. Un album (sorti en 2010) qu’on écoute jusqu’à l’overdose, et le clip réalisé par Drew Barrymore vaut le coup d’oeil.
(par Alice) | écouter.

 

Dirty Beaches – Badlands
(Zoo Music)
Bon bah, c’est l’album de l’année. C’est du rock. 8 titres au son dru et vaporeux. “Terres dénudées, ravinées et érodées par le ruissellement de l’eau, les badlands forment des paysages impressionnants marqués par un réseau complexe de ravins profonds, étroits et sinueux et parfois de cheminées de fées aux formes fantastiques”, thecanadianencyclopedia.com, élu meilleur rock critic de l’année.
(par Martial) | écouter.

 

Sandwell District – Feed Forward
(Sandwell District)
La version vinyle est sortie au moment de Noël 2010 et s’est vendue en 2 jours. Depuis, on la trouve à 100-200 euros sur les sites spécialisés tandis que les fans ragent du trop faible tirage. Mais Karl O’Connor (Regis) et David Sumner (Function) s’en battent les couilles, leur truc à eux c’est de faire la techno la plus froide et excitante du moment.
(par POB) | écouter.

 

Drive, Original Motion Picture Soundtrack (Cliff Martinez)
(Lakeshore)
Bah ouais forcément, si on a aimé le film, on a aussi aimé sa B.O passée sur tous les blogs branchés ou sur Facebook. De l’électro, mais on n’oublie pas la composition originale de Cliff Martinez.
(par Alice) | écouter.

 

Spank Rock – Everything Is Boring & Everyone Is A Fucking Liar
(Boysnoize Records)
Ça va très mal vieillir, la prod’ est so 2011. Faut pas attendre avant de le déguster mais c’est terriblement bon, barré, dansant, efficace. Et dire qu’il s’est fait virer de son label et que ce mélange d’electro, de hip-hop et de sono mondiale a failli ne jamais sortir. Pis l’titre quand même… il vous pose déjà l’ambiance de la rétro de l’année 2011 sur TF1.
(par Martial) | écouter.

 

Slow Joe & The Ginger Accident – Sunny Side Up
(Believe)
Vieux crooner indien drivé par des lyonnais. Premier album, entre soul, rock 60’s et psyché.
(par Chablis Winston) | écouter.

 

Pinch & Shackleton – Pinch & Shackleton
Honest Jon’s
Depuis qu’on l’a rencontré pour Kill Your Pop 2011, on est complètement fan de Samuel Shackleton. De loin l’artiste le plus éclairé musicalement, le plus intéressant humainement mais surtout le plus humble. Il sort ici un album avec son pote de Bristol, Pinch, connu lui aussi pour ses productions bien épurées, quoique plus mélodiques que celles de Sam. Il est impossible de coller cet album dans une case tellement les références sont diverses. Ça sonne définitivement 2011, comme un truc qui n’a pas été fait avant. Pour ce qui est de l’écoute, il faut le vivre comme une sorte de transe, l’écouter à fond chez soi, d’un trait en position méditative.
(par Sophie) | écouter.

 

Charles Bradley & Menahan Street Band – No Time For Dreamin’
(Daptone)
Soul dégoulinante sortie chez Daptone.
(par Chablis Winston) | écouter.

 

Suuns – Zeroes QC
(Secretely Canadian)
Je sais plus qui me disait que c’était la musique du futur. Ok Mac Flanagan, mais ces canadiens savent déjà bien assembler chant pop léger mais tendu, rock, électro quasi indus et transe. Ça tourne, ça tourne… 10 titres envoûtants. Sorti en 2010 mais écouté cette année.
(par Martial) | écouter.

 

James Blake – James Blake
(Atlas/Universal)
Impossible de passer à côté de cet album, qu’on écoute tout de même depuis un an déjà, soit trois mois avant sa sortie officielle en février. On aura tout dit (ou presque) en 2011 sur le jeune prodigue James Blake. Qu’on aime ou pas, force est de constater que le mec arrive à nous sortir des contenus parfois clichés, clairement chiants de la scène uk post two step. Le traitement de la voix, les doux accords posés au piano, on est clairement dans une sorte de revival des codes des negro spirituals, le vocodeur en plus. Un album d’une grande sensibilité, à écouter à deux.
(par Sophie) | écouter.

 

Anna Calvi – Anna Calvi
(Domino)
Quelle voix. Anna a son univers, on s’imagine bien l’écouter dans un bar miteux dans l’Amérique profonde ou dans un épisode de Twin Peaks. Marrant quand on sait qu’elle est Anglaise.
(par Alice) | écouter.

 

The Weeknd – House Of Balloons
(self-released)
R&B des années post-2010, électronique délicate et ambiance de stade. Le disque que tu caches à tes potes mais que tu balances direct quand une nana entre chez toi, ni vu ni connu.
(par POB) | écouter.

 

Ghostface Killah – Apollo Kids
(Def Jam)
Retour aux source 90’s pour le gars du Wu-Tang. Hip-hop rentre-dedans sur-efficace. Je sais, c’est sorti en 2010.
(par Chablis Winston) | écouter.

 

Maceo Plex – Life Index
(Crosstown Rebels)
La plus belle découverte binaire de l’année. Même si le producteur américain sort depuis pas mal de temps des bombes techno sous son autre alias Maetrik, il a en 2011 bouleversé le paysage tech-house en insufflant un groove et une sensualité nouvelle au genre. Un album plein de tubes, explorant différent styles ; du très house groovy Sleezy E en passant par l’anthem minimal techno Vibe your love et bien sûr l’ultra sexy Your style. On a envie d’onduler et/ou d’agresser sexuellement son voisin. Attention, hot stuff.
(par Sophie) | écouter.

 

The Black Keys – El Camino
(Nonsuch)
Vient de sortir mais tient ses promesses. Après Metronomy, le nouvel album blindé de tubes.
(par Alice) | écouter.

 

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Et vous, c’est quoi vos albums de l’année ?