Du dézinguage tendre et une histoire vraie sur l’Espagne franquiste, c’est la rentrée bédé
En fait, cette subtile accroche sert juste à introduire mon papier sur le bouquin Quoi ! Rappellons quand même pour les absents qu’en compagnie de quelques uns, il a fondé une des maisons d’édition les plus originales des vingt dernières années. C’est à l’Asso que furent publiés les livres de Marjane Satrapi, ceux de Trondheim, les carnets de Sfar, les romans graphiques de David B., les dessins punkoïdes de Mattt Konture etc… et c’est ici qu’ont été accueillis les jeux, les aventures, les expériences de bien des dessinateurs alternatifs français ou étrangers. L’aventure débute dans les années 90. Après, comme dans les 10 Petits Indiens, les fondateurs sont tous partis un à un… David B. en 2005, Trondheim en 2006, tout comme Stanislas et Killoffer. Quelques un avaient plié les voiles avant… pourquoi ? Ahahah, à cause de JC Menu ! La tête pensante et agissante du collectif ou la tête de con ? Honnêtement, le bouquin penche très largement dans le sens de la deuxième réponse… ‘faut dire en même temps, Menu a refusé de se défendre dans le bouquin. JC Menu soigne son alcoolisme ?Très franchement, c’est passionnant. C’est pas juste du crêpage de chignon. Et surtout ça éclaire sur ce qui ressemble quand même à un gâchis… dans une maison d’édition pas comme les autres. Bon, aujourd’hui, Menu s’est bien barré refusant les propositions des autres membres fondateurs. Il soigne, on l’espère, son alcoolisme. Il reprend du poil de la bête. Et vite, vite, vite, il nous régale à nouveau dans sa nouvelle maison d’édition rien qu’à lui, l’Apocalypse. Où peut être sortira le Lock Groove Comix 3. Pendant ce temps, aujourd’hui, l’Association est pilotée par un comité de lecture composé d’Ayroles, Baladi, David B., Gerner, Konture, Killoffer, Lécroart, Mokeit, Mulot et Ruppert. Affaire à suivre…
Le principe, c’est un témoin qu’on suit depuis sa campagne profonde et rude de sa prime jeunesse à sa maison de retraite, via la guerre de 36, l’exil en France, le business à Marseille pour la survie, le retour honteux dans l’Espagne de Franco, le mariage, etc. J’suis pas du tout convaincu par le dessin de Kim mais l’histoire de ce bonhomme simple, anonyme comme tant d’autres, mérite un effort. Et surtout, c’est une bio à peine romancée, une histoire vraie recueillie et mise en forme par son petit fils. Martial L’Art de voler – par Kim et Antonio Altarriba – Denoël Graphic, autour de 20 euros. __ Retrouvez la chronique bédé de Martial sur les ondes de Radio Dijon Campus tous les mardis à 8h40 et 12h20. |














