ON EST À LA ROUTE DU ROCK : JOUR 3
Du coup, tu nous en voudras pas de pas te parler de Judah Warsky. Un concert à 18h30, dimanche 12 juillet, c’est pile l’heure de Karabatic, du bouchon des plages ou encore l’heure du réveil pour d’autres. Au vu du nombre de minettes en Ray-Ban interviewant le gazier, ça devait pas être mal comme concert… Au prix d’efforts insoupçonnables, on est là à 19h15 pour les kids de Cloud Nothings. Le concert a du démarrer par un “one, two, three, four”, rouler comme une boule qui claque un strike et se terminer par un bon gros sourire de ces teenagers anglais qui s’éclatent jusqu’à plus soif avec le punk hardcore. C’est incongru de revisiter le grunge aujourd’hui, mais ça permet aux mômes de Cleveland d’être produits par Steve Albini. Après, j’crois qu’on avait un rendez-vous important avec un riche éditeur qui serait prêt à nous refaire le coup de Quatar Sport Invest avec Sparse, parce qu’on n’a aucun souvenir précis de Stephen Malkmus. Y’avait de la guitare ? C’était un peu long ? Du rock ? Un peu vieux, longuement répétitif ? Sans plus rien de la hargne amusée du Pavement de 1992 ? Et qui s’écoutait jouer ? Ah nan, en fait, c’est bad mood baby : Colin Stetson, qu’on recroisera plus tard sur scène, vient de nous poser un lapin. On lui tirera pas notre chapeau là-dessus au Stetson. Il a la grippe le soufflant de saxo basse. Badneighbour est inconsolable. A la nuit tombée, The Chromatics, les chouchous du boss de Sparse, pointaient le bout de leurs synthés. Honnêtement, nous, on n’attendait rien de ce groupe américain, créé du côté de Portland en 1991 sur les cendres du punk et qui, 20 piges plus tard a tourné casaque et joue une électro pop psychée. Et on a été scotchés. Tout bêtement. Énorme : de l’électro sans ordi, une guitare rameutant les eighties et une chanteuse froide comme une Chrissie Hynde plongée dans l’azote liquide. On s’est fait prendre comme des bleus. Y’avait pourtant un indice. Dès les premières mesures de Kill For Love, le combo cold à paillettes ramenait tout le monde dans la fosse comme l’avaient fait l’an passé les Suuns dès le début d’Arena. Brillant, littéralement.
Juste le temps d’aller prendre des nouvelles du côté du bar et sur la scène s’installe un groupe des 90′s qu’on ne pensait jamais voir : Mazzy Star. Pénombre sur le plateau, qui ne bougera pas du set, projections de photos sépia, d’images d’une nature fantomatique derrière le groupe, Mazzy Star met tout dans la musique et la fabuleuse voix de Hope Sandoval. Ce concert sera le seul à ne pas être retransmis sur les écrans géants. Comme la veille avec The XX, le groupe joue slow ou mid tempo. La musique reste planante et plaintive sans être glaciale. Aucune tension, la voix de Sandoval aurait même l’effet inverse comme une douce berceuse. Depuis les années, cette voix n’a pas bougé, elle est peut-être un peu plus ferme, mais elle est et reste la délicatesse incarnée. Quelques titres de So Tonight I Might See défilent comme Mary Of Silence ou Into Dust. L’idée qu’on se faisait du groupe psyché et laidback est finalement soit incomplète soit dépassée. Les 5 musiciens aux côtés de Sandoval aiment beaucoup (trop) le mississipi blues, et ça s’entend. Mais la classe aidant, on se fait une raison. A l’arrivée, en live c’est comme sur disque, on tombe amoureux de (la voix) de Hope Sandoval. On repart avec le sourire. On a raté Hanni El Khatib,
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